Si tu penses que l'intelligence artificielle ne te servira à rien, cette interview est faite pour toi. Titoux, de la chaîne ARSN Zeppeli, utilise l'IA tous les jours dans son travail de business manager. Le plus intéressant : il y a encore quelques mois, il n'y connaissait rien du tout.
Je lui ai posé les questions que tout le monde se pose, et il répond cash : sa façon de parler à l'IA, ce qu'il ne lui confierait jamais, et sa réponse à ceux qui pensent que ce n'est pas pour eux.
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Qui parle, et pourquoi son avis compte
Titoux se présente comme business manager, et l'IA fait partie de son quotidien de travail. Avec sa chaîne, il publie énormément de vidéos et de Shorts : l'IA l'aide à automatiser la publication des vidéos et les descriptions, ce qui permet à son équipe de poster trois à quatre contenus par jour.
Un point qu'il répète du début à la fin de l'interview : l'IA est un outil, ce n'est pas elle qui fait tout. C'est exactement la nuance qui sépare les gens que l'IA aide vraiment de ceux qui en attendent de la magie.
Sa façon de prompter : demander à l'IA ce qu'il ne voit pas
Sa méthode tient en deux habitudes.
D'abord, son IA a des commandes enregistrées : il lui a précisé à l'avance dans quelles sources chercher les informations, plutôt que de la laisser piocher partout sur Internet où tout se dilue.
Ensuite, et c'est le réflexe le plus précieux de l'interview : à la fin de chaque réponse, il lui demande de signaler ce qu'il ne voit pas.
« L'IA ne peut pas voir ce que vous ne voyez pas. Et vous non plus, d'ailleurs. C'est hyper important d'utiliser l'IA pour sortir un peu de votre schéma de pensée. »
Concrètement, l'IA termine ses réponses par un avertissement du type : « on est en train de faire ça, mais attention, peut-être que tu ne vois pas ça ». Une phrase à copier dans tes propres demandes.
Combien d'heures il gagne réellement
À la question du temps gagné par semaine, sa réponse est franche : il ne peut pas les compter. Entre les automatisations et les IA dites agentiques (celles qui enchaînent des actions toutes seules), il estime le gain en dizaines, voire en centaines d'heures de travail.
Tu n'as pas besoin d'en arriver là pour que ça vaille le coup : ses exemples de départ (publications, descriptions, documents) sont accessibles à n'importe qui.
Ce qu'il ne confierait jamais à l'IA
Deux limites claires, et elles ne sont pas techniques.
- Il ne la laisserait jamais tout dicter. Les IA n'ont pas ce côté créatif et humain, et rester aux commandes de ses propres décisions n'est pas négociable. Quand un contenu est entièrement dicté par l'IA, « ça se sent beaucoup trop ».
- Il ne l'utilise pas comme Google. Lui poser la moindre question à longueur de journée, c'est le chemin pour perdre sa libre pensée, sa capacité à réfléchir par soi-même.
Et si son IA était un employé ? Il serait très fort en exécution, nul en créativité, avec un défaut qui justifierait le licenciement : retenir des informations sans importance qui faussent les réponses suivantes.
« Est-ce que tout le monde devrait s'y mettre ? »
Sa réponse est oui, au moins un petit peu, et toujours comme un outil. Ses deux exemples parlent à tout le monde :
- un professeur des écoles peut préparer ses cours et ses PDF en deux semaines, là où il y passait ses deux mois de vacances scolaires ;
- un mécanicien peut automatiser ses devis.
Et pour ceux qui ont du mal : l'IA est une compétence qui s'apprend, comme les autres. C'est normal de ne pas y arriver seul quand ce n'est pas la génération avec laquelle on a grandi, normal d'être frustré, normal même que ça fasse peur. Se faire accompagner par quelqu'un qui explique simplement est, selon lui, un investissement logique, surtout quand on se sent en retard.
Le déclic : « tout est possible digitalement »
Il y a quelques mois, Titoux ne connaissait rien du tout à l'IA. Son déclencheur n'a pas été la technologie, mais ses projets : il avait des idées en tête, et il s'est rendu compte qu'avec l'IA, tout devient possible digitalement, créer un document, un site internet, une application, même un jeu vidéo.
Son retour sur l'apprentissage est honnête : au début, c'est flou, on a l'impression de ne pas comprendre. Puis, à force de faire, et surtout bien accompagné, « ça vient tout seul, on comprend, et ça révolutionne la vie ».
Sa réponse à ceux qui pensent que l'IA ne leur servira à rien
C'est la dernière question de l'interview, et sa réponse mérite d'être lue en entier par tous ceux qui hésitent encore.
Il commence par valider le raisonnement : oui, c'est numérique, oui, ça ne remplacera jamais un humain, et il est d'accord avec ça. Mais :
« Dans tous les cas, elles n'auront pas le choix. Parce que dans 3 ans, dans 5 ans, dans 10 ans, tout le monde utilisera ça. »
Le scénario qu'il décrit est concret : un matin, ton patron t'annonce que le logiciel a été remplacé et qu'il va falloir apprendre à utiliser l'IA. Ceux qui ont refusé de s'y mettre se retrouvent en retard sur leurs collègues, avec la frustration, les problèmes au travail, et même les conséquences sur la santé mentale qui peuvent en découler.
Sa conclusion : il est beaucoup plus intelligent de prendre le pli maintenant, en gardant en tête que l'IA reste un outil et ne remplacera jamais un humain, plutôt que de tout laisser de côté et de se faire rattraper un lendemain.
Questions fréquentes
Il faut être technique pour faire comme lui ?
Non. Titoux le dit lui-même : il ne connaissait rien il y a quelques mois. Ses usages avancés (automatisations, agents) sont venus après ; le point de départ, c'est d'utiliser l'IA comme un outil sur ses propres projets.
L'IA va remplacer les humains dans son métier ?
Sa position est constante dans l'interview : non, ça ne remplacera jamais un humain. L'IA est forte en exécution et nulle en créativité ; c'est la manière de l'utiliser comme un outil qui change le travail, pas une substitution.
Par quoi commencer si je me sens en retard ?
Son conseil : s'y mettre au moins un petit peu, sur une vraie tâche de ton quotidien, et considérer l'accompagnement comme un investissement normal, comme pour n'importe quelle compétence qui s'apprend.
