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Article n°20

ChatGPT est-il dangereux ? Les 7 peurs du débutant, et celles qui sont fondées

Par Alexis Lopez Marques · · 12 min de lecture

« Je vais faire une bêtise. » « Mes données, ça part où ? » « On ne saura plus ce qui est vrai. » Des peurs comme ça, tout le monde les a en débutant avec l'intelligence artificielle, et tu n'as pas tort de te méfier : plusieurs sont fondées.

Cet article reprend la vidéo dans l'ordre. Pour chaque peur : ce qui est vrai, ce qui est faux, et ce qui te protège. Sans écran, sans jargon, en partant de zéro.

Une chose à garder en tête tout du long : le but n'est pas de supprimer la peur, c'est de savoir ce qu'on en fait.

Tout l’article est dans la vidéo, et tout ce qui suit se lit sans la regarder : choisis ce qui te convient.

« J'écris mal, il ne va rien comprendre » : vrai et faux

Commençons par celle que j'entends le plus. Elle est vraie et fausse à la fois.

La partie vraie : l'intelligence artificielle ne réfléchit pas de manière logique, elle prédit. Si tu écris vraiment beaucoup trop mal, elle comprend un autre mot, un autre contexte, et elle te répond totalement à côté de la plaque. Tu perds du temps.

La partie fausse : tant que tu n'écris pas trop mal, il n'y a pas de problème. Les fautes et les accents qui manquent ne la bloquent pas, elle comprend ton contexte.

Ce qui compte, c'est de prendre le temps de faire une bonne question. C'est comme une séance de sport : tu t'échauffes. Si tu ne t'échauffes pas, tu gagnes cinq minutes et tu te blesses. Là, si tu ne prends pas le temps de bien demander, tu auras une mauvaise réponse. Dans la plupart des cas, une mauvaise réponse vient d'une demande mal expliquée.

L'astuce que je te donne dans la vidéo : tu ne sais pas quelle question poser ? Demande-la-lui. Par exemple : « En tant qu'expert, prépare-moi la meilleure demande possible : je souhaite organiser un anniversaire, je veux telle information dedans, je ne veux pas telle autre. » Tu te sers de l'outil pour l'outil.

Explique ton contexte comme à une secrétaire. Si tu ne lui donnes pas ton planning et ta façon de fonctionner, elle ne peut pas t'aider. Les premières fois, donne-lui un maximum d'informations sur qui tu es et ce que tu veux faire.

Et si écrire te freine : dicte. Sur téléphone, il y a un petit bouton en bas à droite de la zone d'écriture qui te permet de parler au lieu de taper. Tu n'écris au clavier que quand tu es entouré d'autres personnes.

« Je vais faire une bêtise » : fondée en partie

Avoir peur quand on sort de sa zone de confort, c'est normal. Quand un être humain n'a jamais fait quelque chose, il a une appréhension, et on est d'accord avec ça.

La nuance : tant que tu n'utilises pas des versions avancées de l'intelligence artificielle qui travaillent à ta place, et tant que tu ne lui demandes pas noir sur blanc de supprimer des informations, tu ne casses rien.

Rappelle-toi toutes les fois où tu avais peur de faire une bêtise et où, quand tu l'as fait, ça s'est bien passé. Dans la plupart des cas, c'est comme ça. Une fois sur cent, tu casses un petit truc, et c'est de l'expérience.

Comme une personne qui se met au sport : peut-être qu'elle aura des courbatures de temps en temps, mais au bout d'un moment elle est contente. Si tu ne fais rien, il n'y a rien qui se passe.

Ce que je t'invite à faire : te renseigner, regarder des vidéos, et si tu as peur, te faire accompagner. La première fois que tu as appris à marcher, à lire, à écrire, quelqu'un t'a accompagné, parce que cette personne avait déjà l'expérience. Puis c'est par l'action, par le test, que tu progresses.

À retenir : tu lis avant d'appliquer, et il n'y a pas de problème.

« Ça va finir par me coûter de l'argent » : faux pour commencer

Si tu prends la peur telle quelle, « ça va me coûter de l'argent et je n'aurai rien en retour », c'est faux.

Tant que tu ne cliques pas sur « payer », tant que tu n'ajoutes pas ta carte bancaire, il ne se passe rien. ChatGPT, comme d'autres, propose une version gratuite qui permet déjà de faire un certain nombre de choses, à zéro euro. Personne ne vient te soutirer de l'argent sans raison.

Mon conseil, à chaque fois : si tu débutes, commence par la version gratuite. Et si tu commences vraiment à maîtriser l'outil, en regardant des vidéos, en te faisant accompagner, en te formant, là tu pourras prendre la version à une vingtaine d'euros par mois. Plus tard, quand tu seras prêt.

Pourquoi elle peut valoir le coup à ce moment-là : si tu montes en usage, tu finis par être bloqué par les limites du gratuit. Soit tu restes gratuit et tu payes avec ton temps, en attendant plusieurs heures pour continuer. Soit tu payes vingt euros, que tu rentabilises en une heure de travail. Si tu es à la retraite ou que tu utilises l'outil rarement, tu n'en auras pas besoin.

Ça te coûtera de l'argent seulement si tu le veux. Et si tu te formes correctement, tu seras plus que rentabilisé, en argent et en temps.

« On ne saura plus ce qui est vrai » : fondée

Là aussi, il faut être nuancé, mais celle-là est fondée. Plus on avance, plus l'intelligence artificielle se perfectionne. Avant, tu voyais des erreurs sur les mains, sur les têtes, et avec un peu d'esprit critique tu reconnaissais une image fabriquée. C'est de moins en moins vrai.

Le risque nul n'existe pas. On est des êtres humains, on fait tous des erreurs : des fois tu croiras que c'est de l'intelligence artificielle alors que non, et des fois ce sera le contraire.

Ce qui te protège : les connaissances. En regardant des vidéos, en t'informant, en essayant toi-même l'outil, tu arrives à reconnaître les motifs qui trahissent une image ou un texte fabriqué. Et tu peux t'aider de l'intelligence artificielle elle-même pour vérifier si c'est de l'intelligence artificielle : c'est l'avantage de cet outil.

Fais confiance à tes tripes, à ton intuition, appelle ça comme tu veux. Analyse la situation, demande à tes proches. Et quand c'est trop beau pour être vrai, en général c'est faux.

C'est une technologie qui peut être extraordinaire, et qui peut aussi tromper. Comme avec les aliments, le poison est dans la dose. Le problème n'est pas l'outil en soi, c'est ce que la personne en fait derrière.

« Mes données, ça part où ? » : fondée

Remettons les choses dans leur contexte. Depuis l'arrivée d'internet, à partir du moment où tu as un appareil connecté, tu ne peux plus être anonyme : tes informations partent et sont analysées, que ce soit tes appels, ton compte bancaire ou la télé. C'est pour ça qu'il existe des règles et une autorité, la CNIL, pour protéger ces informations.

C'est comme ta voiture : une fois que tu as fini de l'utiliser, tu retires la clé du contact. Là, c'est la même chose.

Alors, où vont tes informations sur ChatGPT ? De base, ce que tu écris sert à faire fonctionner l'outil, donc ça va sur des serveurs. Et il y en a des milliards : tant que tu n'envoies pas des choses loufoques, personne ne vient toquer à ta porte. Le risque, c'est le piratage d'une entreprise, et il existe toujours, même chez la meilleure.

Pour limiter la casse, un réglage : dans les paramètres de ChatGPT, tu peux désactiver « Améliorer le modèle pour tous ». À partir de là, tes conversations ne sont plus censées servir à améliorer l'outil pour tout le monde. En général, chaque application a un onglet Confidentialité ou Informations dans ses paramètres, où tu règles ça.

Je suis d'accord pour ce réglage, parce que franchement, laisser l'option activée ne t'apporte rien. En revanche, ne tombe pas dans l'extrême inverse : supprimer toutes tes conversations et tout ce qu'il sait de toi, c'est te retrouver avec un outil qui ne te connaît pas et qui te répond mal. Donner du contexte, même si ça fait peur, c'est nécessaire pour avoir de bonnes réponses.

La vraie règle : ce qui est sensible et que tu ne veux pas envoyer, tu ne l'envoies pas. Tant que ce n'est pas écrit et envoyé, il n'y a pas de problème. Une fois que c'est parti sur les serveurs, ils ont des sauvegardes, et supprimer quelque chose d'internet est quasiment impossible.

« Et si quelqu'un tombe sur mes informations ? » : fondée en partie

Partons du principe que quelqu'un tombe sur ton compte. L'objectif, c'est de récupérer l'accès le plus vite possible, de changer tes mots de passe, et d'espérer ne pas avoir mis n'importe quoi dans tes conversations. C'est à toi de faire attention en amont.

Ce que tu dois savoir : dans 99 % des cas, quand quelqu'un te pirate, c'est parce que tu as cliqué sur un bouton. On n'est pas au FBI, personne ne se connecte sans que tu aies fait quelque chose. Il y a toujours un lien, une faille, une chose faite sans s'en rendre compte qui a laissé entrer le pirate.

Il vaut mieux prévenir que guérir. Comme faire du sport et bien manger réduit le risque de maladie sans le supprimer, mettre une bonne sécurité réduit le risque de se faire avoir, sans devenir parano.

Les gestes :

  • Un mot de passe solide, que tu ne connais pas toi-même par cœur, fabriqué avec un gestionnaire de mots de passe comme Dashlane, et changé régulièrement.
  • Ne prête ton compte à personne, même dans la famille.
  • Sur les mails et les SMS : deux tiers de ce que tu reçois est de l'arnaque. Dès qu'il y a une pièce jointe ou un lien que tu n'attendais pas, tu ne cliques pas. Sinon, le virus se met sur ta box et accède à tout.
  • Évite les pages douteuses, et un bloqueur de publicités t'épargne certaines pubs qui cherchent à t'arnaquer.

Parce qu'une fois que tes informations sont sur internet, tu te fais appeler tout le temps, tu reçois des spams tout le temps, et c'est beaucoup plus compliqué. Fais attention quand tu partages.

Pourquoi la peur est normale, et ce qu'on en fait

Il y a d'autres peurs, bien sûr. On ne peut pas supprimer la peur : les émotions font partie de ce qu'on est. Avant, la peur nous gardait en vie : tu voyais un tigre, tu partais. Aujourd'hui, dans 99 % des cas, quand tu as peur de faire quelque chose, c'est le signe que tu dois la faire.

Tu as eu peur de parler en public, de faire ton premier plat, de passer ton permis. Et c'est devenu banal. Le premier enfant, rappelle-toi de cette appréhension. C'est la même chose pour tout.

Avoir peur, tant que c'est contrôlé et que tu passes à l'action, c'est OK. Le problème, c'est quand elle te contrôle. C'est plus facile à dire qu'à faire, mais il y a des techniques : bien manger, une activité sportive, être bien entouré.

Et ça marche à tout âge. Les dernières études montrent que même à 80 ans, de nouvelles connexions se créent dans le cerveau, ce qu'on appelle la plasticité. Tu peux mettre en place de nouvelles habitudes, petit à petit.

Le résumé : y aller, trois minutes par jour

Si je dois résumer toute la vidéo : tu dois y aller, même si tu as peur. Le plus dur, c'est le début, comme pour tout.

Quand tu fais une boule de neige, au début elle est toute petite, tu galères à la faire rouler. Et au bout d'un moment, elle grossit toute seule.

L'objectif n'est pas de passer cinq heures par jour sur l'intelligence artificielle. Juste trois minutes par jour. Imagine trois minutes pendant 360 jours, et le temps que tu gagnes derrière. C'est de l'investissement sur le long terme : les résultats ne se voient pas tout de suite, mais ils arrivent.

L'intelligence artificielle devient incontournable, comme la radio, la télé et la voiture en leur temps. Tôt ou tard, tu es obligé de t'y mettre. Mets-toi-y le plus tôt possible, et vois les choses positivement.

Et dis-moi en commentaire quelle peur était la tienne, ou laquelle tu vas essayer de surmonter. Il n'y a pas de honte à avoir : on a tous nos qualités et nos défauts, l'objectif c'est d'y faire face et de s'améliorer.

Questions fréquentes

Est-ce que ChatGPT est dangereux pour un débutant ?

Pas au sens où tu pourrais tout casser : tant que tu n'utilises pas des versions avancées qui travaillent à ta place et que tu ne lui demandes pas de supprimer quelque chose, tu ne casses rien. Les vrais points de vigilance sont ailleurs : ce que tu lui confies comme informations, la sécurité de ton compte, et le fait qu'il devient difficile de distinguer une image ou un texte fabriqué d'un vrai.

Est-ce que ChatGPT va me coûter de l'argent ?

Seulement si tu le décides. La version gratuite existe et permet déjà beaucoup. Tant que tu n'ajoutes pas ta carte bancaire et que tu ne cliques pas sur « payer », il ne se passe rien. La version payante, à environ vingt euros par mois, n'a de sens que plus tard, quand tu maîtrises l'outil et que les limites du gratuit te bloquent.

Où vont mes données quand j'écris dans ChatGPT ?

Sur des serveurs, comme pour tout appareil connecté à internet. Dans les paramètres, tu peux désactiver « Améliorer le modèle pour tous » pour que tes conversations ne servent plus à améliorer l'outil. Mais la vraie règle est simple : ce qui est sensible, tu ne l'envoies pas, parce qu'une fois envoyé, supprimer quelque chose d'internet est quasiment impossible.

Comment reconnaître une image ou un texte fait par l'IA ?

De moins en moins à l'œil : les défauts sur les mains ou les têtes disparaissent. Ce qui protège, ce sont les connaissances et l'intuition : quand c'est trop beau pour être vrai, c'est faux en général. Analyse la situation, demande à tes proches, et tu peux même demander à une intelligence artificielle de vérifier si c'en est une.

Comment éviter que quelqu'un accède à mon compte ?

Dans 99 % des cas, un piratage vient d'un clic : un lien ou une pièce jointe dans un mail ou un SMS. Un mot de passe solide fabriqué par un gestionnaire de mots de passe, changé régulièrement, jamais prêté même à la famille, et pas de clic sur ce que tu n'attendais pas : ça couvre l'essentiel.

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